Le Vénézuéla de Maduro et ses alliés du monde multipolaire

Moscou, Ankara et Téhéran sont trois partis intéressés par Caracas, à des échelles différentes. Caracas dépend principalement de Moscou avec les accords astronomiques. Mais Erdogan a également multiplié les accords avec Maduro, le dernier en date atteignant 4,5 milliards de dollars, en plus de l’aide alimentaire et de plans économiques dans plusieurs secteurs. Est-ce à dire que les dictateurs se tiennent tous les coudes ? En partie, oui. Voilà quatre Etats sous le coup de sanctions et dénonciations internationales, qui en outre partagent la même défiance envers « l’impérialisme » américain. Mais il serait réducteur de n’y voir qu’une alliance « de salauds » – version quadrupède de la « troïka de la tyrannie » de John R. Bolton. Il y a en réalité d’une part une réaction prévisible, compréhensible même, à l’isolement subi par ces Etats avec l’aval des Etats-Unis et de l’Union Européenne, et, d’autre part, le « nouvel ordre mondial », celui où Washington semble prendre peu à peu ses distances avec son rôle de leader et propagateur ultime des « libertés », où les deux blocs de la guerre froide ont depuis longtemps fait place à la multiplicité des intérêts politiques, stratégiques et économiques, où – quoique ce soit à peine en marche – la justification moraliste des alliances et mésalliances commence à se fissurer pour mettre à jour un monde multipolaire caractérisé avant tout par le retour de la Realpolitik et des intérêts souverainistes.

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