[Vidéo] Venezuela : vers une sortie de crise ?

Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS et responsable du Programme Amérique latine/Caraïbe, vous donne régulièrement rendez-vous pour ses “Chroniques de l’Amérique latine”.

Aujourd’hui, Christophe Ventura revient sur la crise globale que connait le Venezuela depuis plusieurs années tant économique, sociale, que politique. Or justement, depuis le 13 août un dialogue s’est ouvert entre Maduro et les différents partis d’opposition. Quelle analyse peut-on faire de ces négociations ? Comment la population survit-elle face à la crise ?

Source : Venezuela : vers une sortie de crise ? | IRIS

Vers un gouvernement de transition au Venezuela?

Le pays a connu une campagne de déstabilisation systématique et intense basée sur la pénurie sélective de produits de première nécessité et la spéculation obscène.  Les média ont pratiqué cette amplification en cultivant une insécurité citoyenne croissante en agitant la prise de la rue par l’opposition.

L’application de sanctions concernant le brut vénézuélien a provoqué le défaut ou cessation des paiements. Au Venezuela, on  a, donc, assisté en octobre 2020 à la mise en œuvre par l’administration Trump de l’interdiction d’importer du diesel dans le pays.  L’objectif avoué était  de paralyser le transport des secteurs primaires et de provoquer la pénurie d’aliments de base et de fournitures sanitaires vitales pour  ébranler la gouvernance de Nicolás Maduro.

Cependant, l’arrivée de Joe Biden à la présidence américaine pourrait provoquer un changement dans la stratégie américaine consistant en la substitution des «coups doux» par la stratégie dite de Kentian exposée par Sherman Kent dans son livre Strategic Intelligence for North American World Policy (1949) où il rappelle que les instruments de la guerre économique «consistent en la carotte et le bâton» : «le blocus, le gel des fonds, le boycott, l’embargo et la liste noire pour une partie; subventions, prêts , traités bilatéraux, trocs et accords commerciaux pour un autre». Ainsi, l’administration Biden étudierait la mise en œuvre de la tactique de la carotte au Venezuela qui comprendrait l’assouplissement des restrictions actuellement en vigueur sur le pétrole vénézuélien pour revitaliser l’activité motrice de l’économie vénézuélienne ainsi que l’annulation de l’interdiction de Trump d’importer le diesel nécessaire au maintien de la chaîne de transport de marchandises et de fournitures médicales.

Source : Vers un gouvernement de transition au Venezuela?. Observateur Continental

Le Venezuela n’est pas en faillite, par Luis Britto García

Après avoir racheté les parts de Total et Equinor, le gouvernement bolivarien du Venezuela place l’entreprise Petrocedeno à 100% sous contrôle public et renforce sa politique de nationalisation pétrolière au service du développement social et économique. Les exportations pétrolières remontent lentement, notamment en direction de la zone asiatique.

« Blinken, puis Harris, maintenant Sullivan… les premiers voyages états-uniens de haut niveau en 2021 ont eu lieu en Amérique latine. L’empire se concentre sur le continent, devenu front de bataille existentiel entre son « America is Back » et le « One Belt, One Road » de la Chine » explique William Serafino, historien et politologue vénézuélien qui ajoute : « Après la Guerre d’Indépendance et la construction d’une République souveraine au XIXe siècle, la résistance socialement organisée contre le blocus et l’agression des USA de ces dernières années est l’œuvre collective et historique la plus importante du peuple vénézuélien. »

Occasion d’écouter aussi l’écrivain et historien vénézuélien Britto Garcia.

Source : Le Venezuela n’est pas en faillite, par Luis Britto García | Venezuela Infos

Les prémices d’une sortie de crise pour le Venezuela ?

Insondable crise économique et politique, sanctions des États-Unis, Covid-19 : le Venezuela fait face à une situation sans précédent. Mais pour la première fois depuis 2019, l’hypothèse d’une sortie de crise via une éventuelle reprise d’une négociation politique entre le président contesté Nicolas Maduro et Juan Guaido, président par intérim autoproclamé, refait surface. Les annonces des derniers jours peuvent-elles amorcer la fin de huit années de difficultés ? Quid du changement de présidence américaine sur ce dossier ? Le point avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS, en charge du Programme Amérique latine/Caraïbes.

Source : Les prémices d’une sortie de crise pour le Venezuela ? | IRIS

Derrière Guaido, le plan Condor 2.0 des extrêmes droites espagnole, états-unienne et latino-américaine

« Le Venezuela est un bon exemple de comment l’ultra-droite a tout investi dans les médias et le numérique, comment elle a été visionnaire, pendant que la gauche vit dans la contemplation, sans en faire une priorité » explique Julian Macias Tovar, expert des réseaux sociaux qui a étudié de très près, statistiques à l’appui, la guerre contre Podemos en Espagne ou contre des processus progressistes en Amérique Latine. Il est interrogé ici par la journaliste Karen Mendez.

Peut-être qu’une des réussites majeures de la propagande de masse a été de faire passer les déstabilisations violentes de l’extrême droite au Venezuela pour des « révoltes démocratiques », la réponse de l’État pour une « répression », et (objectif principal) un président élu pour un « dictateur »

Source : Derrière Guaido, le plan Condor 2.0 des extrêmes droites espagnole, états-unienne et latino-américaine | Venezuela Infos

Le Venezuela organise le 26ème scrutin en 20 ans de révolution. Et Guaido ?

Le gouvernement vénézuélien progresse dans la conclusion d’accords avec les secteurs de l’opposition. Les dialogues entre les deux secteurs ont conduit à la formation d’un nouveau Conseil national électoral, qui sera composé de représentants du chavisme et de l’opposition. Le 21 novembre 2021, le Venezuela organisera son 26ème scrutin en 20 ans pour élire gouverneurs, maires et conseillers municipaux, parmi un éventail de partis de droite à gauche. Record mondial. Lula parle « d’excès de démocratie ». Exemple de l’abîme ahurissant entre réel et virtuel médiatique.

Pendant ce temps, l’extrême droitier Guaido souffre de déréliction: l’Union Européenne ne le reconnaît plus comme « président » et si les USA le font encore, c’est du bout des lèvres. Dénoncé par des médias de Colombie, Panama, USA pour la mégacorruption de ses vols d’actifs du Venezuela ou pour ses liens avec le paramilitarisme colombien, lâché ses « amis » et sa propre « base » (même celle payée pour faire foule devant les caméras de CNN), le putschiste d’extrême droite Guaido propose donc au Président Maduro de « négocier ». Ce dernier lui a répondu : « Pourquoi pas? La voie n’est pas un coup d’État, tu peux participer aux élections » en lui proposant quelques bases de négociation : « renoncer aux coups d’État et aux déstabilisations violentes, reconnaître la Constitution et les autorités élues par la population, rendre les comptes de l’argent fourni par les USA pour la conspiration et restituer toutes les ressources volées à l’État vénézuélien. »

Pour comprendre cette nouvelle donne, la journaliste Karen Mendez a interrogé le politologue vénézuélien William Serafino.

Source : Le Venezuela organise le 26ème scrutin en 20 ans de révolution. Et Guaido ? | Venezuela Infos