Vivre le Vénézuéla

D’un coup de hache un géant a tranché ces collines de terre aujourd’hui semées de maisons. Des grands quartiers populaires de l’Ouest de Caracas roulent chaque matin les affluents humains qui rient, jurent, s’arrêtent, s’étirent et repartent, se pressent dans le métro: le monde du travail noue et dénoue le Venezuela. Là-haut un vieil ermite devenu fou avait bougé un caillou, puis deux puis trois, faisant jaillir la source. « Une eau pure » raconte un vieillard qui mime de ses bras la taille du ruisseau. « On pourrait creuser un puits d’eau profonde » répond aujourd’hui Jesus Garcia, le jeune coordinateur de la commune « Altos de Lidice ». La majorité des participants à la première réunion de l’année sont, comme toujours et partout, des femmes. Cette fois, les pieds de métal des pupitres de l’école primaire fraîchement repeinte ne font pas de bruit.

Parfois on entend dire moi je n’aime pas la manière dont Maduro gouverne le pays, commence Garcia, hé bien voyons comment nous allons gouverner notre commune. Parce que c’est notre devoir de nous autogouverner. On va voir si nous en sommes capables, nous, et une commune, en principe, c’est plus facile à gouverner qu’un pays, non ?

Source : Vivre le Vénézuéla | Venezuela infos

Où va le Venezuela ? (S’il va bien quelque part)

Comme à Cuba lors de la « Période spéciale », la très divisée opposition vénézuélienne s’attend à un effondrement du pouvoir qui n’arrive jamais, tandis que le gouvernement continue à dénoncer les complots extérieurs et que de nombreux Vénézuéliens expriment leur mécontentement et quittent le pays. L’économiste vénézuélien Manuel Sutherland revient sur la situation lors d’un entretien avec Pablo Stefanoni, rédacteur en chef de la revue Nueva Sociedad.

La récente investiture de Nicolás Maduro pour un second mandat de six ans a rebraqué les projecteurs sur le Venezuela et sa crise. L’Assemblée nationale étant entre les mains de l’opposition et déclarée en desacato, « situation d’outrage », le président a prêté serment devant une Assemblée constituante qui, plutôt que de rédiger une Constitution, agit comme une sorte de supragouvernement.

Entre-temps, l’aggravation de la crise n’a pas réussi à renforcer l’opposition qui, avec un nouveau chef à l’Assemblée nationale, cherche à dépasser sa division et à renaitre de ses cendres. L’économiste Manuel Sutherland propose quelques clés de lecture de la situation vénézuélienne, en élargissant le propos sur une révolution bolivarienne qui est sur le point de célébrer ses deux décennies.

Source : Où va le Venezuela ? (S’il va bien quelque part) – Barril.info

Une transition démocratique au Venezuela est possible, selon des experts

Nicolas Maduro commence son second mandat de président du Venezuela pour six ans, après une victoire électorale décriée par l’opposition et la communauté internationale, mais des experts évoquent malgré tout l’espoir d’un changement politique.

Car est entré dans le jeu Juan Guaido, ingénieur dans l’industrie de 35 ans qui est devenu le visage de l’opposition vénézuélienne en prenant le 5 janvier la présidence du Parlement. Une bouffée d’oxygène pour une institution quasiment dépossédée de tout pouvoir par les manoeuvres constitutionnelles de M. Maduro.

« C’est presque une renaissance. L’opposition en est ressortie plus unifiée que jamais auparavant », relève Geoff Ramsey, vice-président chargé du Venezuela au WOLA, un centre de recherches latino-américain basé à Washington.

« Pour la première fois en de nombreux mois (…) Maduro est sur la défensive », a écrit Andres Oppenheimer, un journaliste respecté spécialiste de l’Amérique latine.

Source : Une transition démocratique au Venezuela est possible, selon des experts