Le Venezuela: une crise, deux présidents

Il y a plus qu’une opposition idéologique et une volonté de stabilité régionale dans la décision du président américain de chercher une transition politique au Venezuela. Devant une crise humanitaire s’amplifiant, deux congressmen de Floride, un républicain et un démocrate, ont mis de l’avant jeudi un projet de loi accordant le « statut de protection temporaire » – connu ici sous l’acronyme TPS – aux ressortissants vénézuéliens aux États-Unis.

En plein débat sur le financement du mur à la frontière mexicaine et avec des partisans avides de décisions radicales à l’égard des immigrants illégaux, l’idée d’octroyer à des milliers d’autres Latino-américains le droit de rester – même temporairement – aux États-Unis risquait de déclencher une vague de ressentiment et de désertion au sein de l’ultime groupe d’Américains encore fidèles au président.

La crise vénézuélienne enfin offre une leçon inattendue de géopolitique contemporaine : pendant que les États-Unis, le Canada et une vingtaine d’autres pays se rangeaient derrière Juan Guaidó, Nicolas Maduro recevait notamment le soutien de la Russie, de la Chine, de la Turquie et du Mexique.

Après la Guerre froide et la lutte à la terreur, les blocs se reforment et les États-Unis ne dictent plus leur volonté de la même façon. Ce n’est peut-être pas plus mal, mais le monde devient certainement moins prévisible.

Source : Le Venezuela: une crise, deux présidents | JDM