Le Venezuela, un casse-tête chinois

L’une des clés de la crise se trouve à Pékin, qui est devenu au fil des ans le banquier de Caracas. Or, selon le mot du milliardaire américain Jean Paul Getty, si vous devez 100 dollars à la banque c’est votre problème ; si vous lui devez 100 millions de dollars, c’est le problème de la banque. Le Venezuela est désormais le coûteux casse-tête de la Chine : 62 milliards de dollars prêtés entre 2007 et 2017. Une partie a été remboursée en barils de pétrole – mais une partie seulement – et Pékin craint de perdre toute sa mise, surtout si le régime venait à changer.

Officiellement, la Chine s’est jointe à la Russie pour réclamer “le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays”. Mais, face au risque de voir l’opposition une fois au pouvoir renoncer à honorer la dette du Venezuela, Pékin se dit prêt à travailler “avec toutes les parties”. Ça tombe bien, Juan Guaidó a évoqué dans une interview au South China Morning Post “une relation constructive et le dialogue avec la Chine dès que possible”. Les barils vénézuéliens valent bien un peu de pragmatisme.

Source : Édito. Le Venezuela, un casse-tête chinois