Venezuela: l’UE s’organise en vue de nouvelles présidentielles

L’UE va constituer un groupe de contact international afin d’aider à l’organisation d’une nouvelle présidentielle au Venezuela, a annoncé aujourd’hui la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. La décision de reconnaître Juan Guaido comme président par intérim est une « prérogative des Etats » et plusieurs membres de l’UE vont le faire, a-t-elle aussi déclaré à l’AFP à l’issue d’une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bucarest.

« Le groupe de contact, dont la première réunion est prévue la semaine prochaine dans un pays d’Amérique latine, se donne 90 jours pour parvenir à un résultat positif », a-t-elle précisé. « Les 90 jours sont une limite pour travailler. Si nous constatons qu’il est impossible de lancer une dynamique, le groupe de contact pourrait terminer ses travaux avant. Mais si au terme des 90 jours, des éléments positifs sont constatés, le groupe pourrait décider de continuer » ses travaux, a-t-elle expliqué.

« Il n’est pas question de gagner du temps, mais d’accompagner le pays vers des élections », a-t-elle insisté. L’Union européenne se réserve la possibilité d’imposer de « nouvelles sanctions ciblées contre des personnalités vénézuéliennes qui font obstacle au processus », a-t-elle averti.

Les pays qui ont annoncé leur participation au groupe de contact international sont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Suède, les Pays-Bas et le Royaume-Uni pour l’UE, l’Equateur, le Costa Rica, l’Uruguay et la Bolivie pour l’Amérique latine, a-t-elle indiqué.

Source : Venezuela: l’UE s’organise en vue de nouvelles présidentielles

Venezuela: comme en Turquie, «l’Occident a tenté d’appliquer le modèle d’un coup d’État»

«L’Occident tente de renverser le Président vénézuélien légalement élu […] en violant toutes les normes juridiques», comme il a déjà tenté «d’appliquer le modèle d’un coup d’État» en Turquie, a déclaré dans une interview à Sputnik Erdogan Gündüzpolat, président de l’Association turque du développement des affaires en Amérique latine.

Source : Venezuela: comme en Turquie, «l’Occident a tenté d’appliquer le modèle d’un coup d’État» – Sputnik France

L’or du Venezuela au coeur des spéculations

La spéculation sur les réserves d’or du Venezuela – estimées à 161 tonnes, contre 376 en 2011 – n’est pas nouvelle. Depuis des mois, les lingots conservés pour le pays dans les coffres de la Banque d’Angleterre, évalués à 1,2 milliard de dollars, accaparent l’attention. Craignant les sanctions américaines, Nicolas Maduro cherche à les rapatrier depuis l’an dernier. La semaine dernière, la BoE a refusé la demande officielle de retrait faite par le président socialiste, a rapporté Bloomberg.

Les Etats-Unis auraient exercé toute leur influence pour que le régime soit coupé de ses actifs à l’étranger. L’opposant Juan Guaido, qui s’est autoproclamé président du Venezuela, a écrit à Theresa May et au gouverneur de la BoE, Mark Carney, pour les prier de ne pas envoyer l’argent tiré d’une éventuelle vente de cet or à « un régime illégitime et kleptocrate », cite le « Financial Times ».

Source : L’or du Venezuela au coeur des spéculations

Le président 2.0.

La distance entre la construction internationale des médias, des réseaux sociaux, et ce qui se vit dans le pays, est immense. Il ne se passe pas ce qui devrait se passer une semaine après l’autoproclamation. Guaidó n’a pas de territoire, ni de reconnaissance interne, ne commande à personne, n’éveille pas l’appui qu’il devrait éveiller, se retrouve plus proche du ridicule que du pouvoir. L’expression vénézuélienne la plus exacte pour le qualifier serait “pote de humo”, “boîte à fumée”.

Ce même 30 janvier, le Parlement Européen a avancé dans son refus de reconnaître Nicolás Maduro, en affirmant à travers Antonio Tajani, que Guaidó est devenu “le seul interlocuteur”, et qu’à partir d’aujourd’hui il serait reconnu comme président. De concert, les salons diplomatiques ont poursuivi leur courbe putschiste, avec la réunion de Julio Borges, député qui a fui la justice, et plusieurs sénateurs états-uniens. Borges assumera la représentation du “gouvernement de Guaidó” auprès du Groupe de Lima (gouvernements néo-libéraux latino-américains).

Le contresens devient évident. Toute personne honnête et dotée de sens commun qui parcourt Caracas se rend compte que le Venezuela n’est un pays en faillite où une partie de la population aurait décidé de se donner un nouveau président, et que ce “nouveau gouvernement” n’a pas de réalité sur place.

Source : Le président 2.0. | Venezuela infos

Ancien expert de l’ONU : les sanctions nord-américaines au Venezuela sont largement responsables de la crise, peut-être un « crime contre l’humanité »

Dans une interview approfondie accordée au journal britannique The Independent publié dimanche, l’ancien rapporteur spécial des Nations unies Alfred de Zayas a affirmé que les sanctions dévastatrices imposées au Venezuela par les États-Unis depuis plusieurs années sont illégales et constituent une « guerre économique » contre la République bolivarienne. De Zayas a également affirmé que ces sanctions nord-américaines pourraient constituer des « crimes contre l’humanité » selon le droit international, qu’elles portent une grande partie de la responsabilité pour la crise économique actuelle au Venezuela et ont provoqué des morts inutiles dans la population.

De Zayas, qui a terminé son mandat à l’ONU il y a moins d’une année, a critiqué le régime des sanctions étasuniennes – qui a commencé sérieusement en 2015, lorsque l’ancien président Barack Obama a déclaré sans preuve que le Venezuela était une « menace pour la sécurité nationale ». Depuis lors, le président Donald Trump a intensifié les sanctions et a aussi ouvertement envisagé une intervention militaire dans ce pays qui dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde.

Ce n’est pas la première fois que de Zayas s’exprime sur les conséquences dangereuses des sanctions nord-américaines. En septembre dernier, il a présenté au Conseil des droits de l’homme des Nations unies un rapport explosif qu’il avait contribué à rédiger, démontrant que la « guerre économique » et en particulier les sanctions pratiquées par les États-Unis et leurs alliés ont considérablement aggravé la crise économique au Venezuela. Les États-Unis s’étaient retirés du Conseil des droits de l’homme quelques mois avant le publication du rapport de Zelaya, invoquant le prétendu parti pris de cet organisme contre Israël.

Source : Ancien expert de l’ONU : les sanctions nord-américaines au Venezuela sont largement responsables de la crise, peut-être un « crime contre l’humanité » | Investig’Action

Venezuela : « L’opposition veut une sortie de crise pacifique avec le gouvernement »

Paula Vasquez, chargée de recherche au CNRS, spécialiste du Venezuela et auteure du Chavisme : un militarisme compassionnel (Maison des sciences de l’homme, 2014), estime que l’opposition n’est plus dans une logique de lutte existentielle avec le camp chaviste comme elle a pu l’être par le passé, mais qu’elle tente de poser les conditions d’une négociation avec le pouvoir. Sa volonté de faire advenir une transition pacifique se trouve toutefois menacée par un contexte où l’idée de solution militaire doublée d’une intervention extérieure séduit certains, alors que le pays, qui a perdu un dixième de sa population, réfugiée à l’étranger, connaît une terrible crise économique, sociale et humanitaire.

Source : Venezuela : « L’opposition veut une sortie de crise pacifique avec le gouvernement »