De fête et de fureur: au Venezuela, un groupe de ska entretient sa rage

A 14 ans, Horacio Blanco, a écrit une chanson qui dénonçait les « Politicos Paraliticos. » A 50, le public continue de lui réclamer le morceau, devenu un hymne de ralliement protestataire au Venezuela.

Inspiré par des groupes britanniques comme The Specials, un zeste de « fête et de fureur » locales en plus, selon son concepteur, Blanco et son groupe « Desorden Publico » (désordre public) sont les figures de la scène punk-ska vénézuélienne.

Toujours vêtu à la mode ska, veste et pantalon étroit noirs, les cheveux en houppette, il est sans doute le dernier grand nom de la scène rock locale à ne pas avoir déserté le pays, miné par la crise économique et politique.

« Je voudrais que les politiciens soient réellement des paralytiques », chantait-il ado. « Comme ça ils ne pourraient pas nous voler et s’enfuir en courant ».

Aujourd’hui, assure-t-il, « c’est l’une des chansons que le public réclame le plus souvent en concerts » avec un autre de leurs succès, « Le biberon de pétrole » – qui dénonce la dépendance fatale du Venezuela aux pétrodollars, l’une des causes du naufrage actuel.

Pour Desorden Publico, le ska a servi à dénoncer la corruption et l’abus de pouvoir. « Desorden est un petit échantillon de l’idiosyncrasie vénézuélienne », souligne Blanco.

« Nous sommes un pays de fiestas », reprend-il. « Ce qui ne veut pas dire que nous ignorons les pires difficultés auxquelles nous sommes confrontés. C’est même de là que vient cette rage ».

Source : De fête et de fureur: au Venezuela, un groupe de ska entretient sa rage