Dix mini-chroniques de la résistance populaire, par Gustavo Borges

« Nous nous sommes assis pour filer des mèches de lampe dans le salon. Moi je savais que l’affaire allait durer. Il était près de huit heures du soir. Mes deux garçons et ma fille observaient presque sans respirer pendant que la maman cherchait un tissu, du coton ou de la corde, dans l’obscurité. Quand tout fut prêt, tous regardaient fébrilement, les gamins complètement hypnotisés avec ce truc, c’était un vrai film, ce moment… une adrénaline familiale, tous me scrutaient au moment où j’allais allumer la mêche dans l’obscurité. Ce fut incroyable, je ne pourrais pas décrire l’euphorie de la famille. Les enfants et la fillette applaudirent en riant, je crois même avoir vu une larme sur la joue d’Aurora, la maman. Cette nuit j’ai compris qu’ils ne pourraient jamais nous vaincre.

.José Antonio Tovar. Habitante de Petare.

Source : Dix mini-chroniques de la résistance populaire, par Gustavo Borges | Venezuela infos