Venezuela. Au-delà du show et de la guerre des « minitecas »

S’il y a une chose qui caractérise la politique vénézuélienne au XXIe siècle, c’est la propagande et le spectacle. Hugo Chávez était un grand communicateur ; l’un de ses héritages pour toute la classe politique vénézuélienne est que la politique sans spectacle n’est pas de la politique. Cette logique a atteint des niveaux où ce qui est dit et la manière dont c’est dit sont beaucoup plus importants que les actions politiques elles-mêmes.

Le discours et la mise en scène sont tout, le spectacle devient donc la politique elle-même, il la remplace. Mais la vie réelle continue, la précarité quotidienne, l’exercice illimité de la force et le contrôle institutionnel restent intacts.

Et c’est ainsi que se construisent les grands événements, les journées au cours desquelles aura lieu la mère de toutes les batailles : 10 janvier (10E), 23 janvier (23E), 23 février (23F), etc. La dernière date magique, le 23F, a bénéficié d’un grand déploiement publicitaire, un grand concert à la frontière entre la Colombie et le Venezuela avec des artistes de renom. Le gouvernement a répondu au show par un autre show et de la propagande officielle, même s’il n’a pas eu la même ampleur, la même portée et la même qualité. Certains sont même allés jusqu’à qualifier cette compétition de « guerre des minitecas ». Tout cela est bien utile pour dissimuler un grand nombre de choses que l’on ne voit pas sur les écrans de télévision ou sur les réseaux sociaux.

Source : Venezuela. Au-delà du show et de la guerre des « minitecas » – Barril.info