Espagne: polémique autour du sauvetage public d’une compagnie aérienne liée au Vénézuela

Cinquante-trois millions d’euros d’argent public pour renflouer une petite compagnie aérienne n’ayant que quatre avions: le sauvetage public de Plus Ultra fait polémique en Espagne, où la droite accuse le gouvernement de gauche d’avoir favorisé une entreprise liée au Venezuela.

«C’est un scandale auquel s’ajoutent chaque jour de nouveaux détails et le gouvernement n’a toujours pas donné d’explications. Qu’il y a-t-il derrière tout cela?», dénonçait en début de semaine Antonio Gonzalez Terol, député du Parti populaire (PP, droite), qui a demandé la création d’une commission parlementaire sur cette affaire.

Le petit parti libéral Ciudadanos a écrit pour sa part à la Commission européenne pour exiger une enquête, tandis que Vox (extrême droite) a porté plainte devant la Cour suprême espagnole. Début mars, le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez a accordé un prêt d’urgence de 53 millions d’euros à Plus Ultra, qualifiée dans un communiqué officiel de «compagnie de niche». La société dessert uniquement l’Equateur, le Pérou et le Venezuela, avec quatre Airbus A-340.L’argent débloqué par le gouvernement provient d’un fonds spécial de dix milliards d’euros destiné au sauvetage d’entreprises «stratégiques» mises en difficulté par la pandémie de Covid-19.

Pour la presse et l’opposition de droite, l’explication est à chercher du côté du Venezuela, qu’elles accusent régulièrement de nourrir des liens avec le gouvernement de coalition formé par le parti socialiste et la formation de gauche radicale Podemos. Le siège de Plus Ultra est à Madrid, mais l’entreprise compte parmi ses principaux actionnaires des hommes d’affaires vénézuéliens, présentés par la droite comme proches du régime de Nicolas Maduro.

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