Sans l’opposition, des législatives sans surprise au Venezuela

Le parti chaviste au pouvoir, du nom du président socialiste décédé Hugo Chavez (1999-2013), a activé tous les ressorts pour faire de ce vote un rendez-vous «historique» et contredire la participation d’à peine 30% prédite par les instituts de sondage. Pour Félix Seijas, directeur de l’institut Delphos, le chavisme «a un plafond électoral d’environ 5,5 millions de votants. Son souci est de savoir comment les faire venir aux urnes».

Rassemblements malgré la pandémie de coronavirus, propositions de lois élaborées par les citoyens «qui défendent la famille vénézuélienne», le leader du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), Jorge Rodriguez, a appelé les militants chavistes à se mobiliser «par millions» dimanche «pour dire stop aux sanctions, stop au blocus, respectez le Venezuela».

Les sanctions américaines, qui comprennent un embargo pétrolier en vigueur depuis avril 2019, ont été au centre du discours de campagne chaviste. Selon l’institut Datanalisis, ces sanctions suscitent 71% de rejet dans la population. Le leader de l’opposition Juan Guaido appelle pourtant à les «amplifier» et tiendra la semaine prochaine une consultation populaire sur laquelle il compte s’appuyer pour proroger son mandat au-delà de sa date d’expiration, le 5 janvier.

En choisissant une nouvelle fois de boycotter un scrutin qu’il estime sans garantie, après la présidentielle de 2018 ou le vote sur une Assemblée constituante en 2017, le leader de l’opposition, autoproclamé président par intérim et soutenu par une soixantaine de pays, États-Unis en tête, joue son va-tout avec cette consultation aux effets incertains.

Juan Guaido, dont la popularité s’est érodée, se montre pourtant confiant: «j’ai plus que de l’optimisme, j’ai des certitudes», dit-il, sans néanmoins savoir si les autorités autoriseront la tenue des points de consultation. Les Vénézuéliens auront également la possibilité de se prononcer via un vote électronique.

Source : Élections – Sans l’opposition, des législatives sans surprise au Venezuela | Tribune de Genève