Pourquoi le Venezuela a expédié un « bras d’honneur » à l’OEA

Depuis le samedi 27 avril, le Venezuela est le second pays de la région, avec Cuba, à ne plus faire partie de l’Organisation des Etats américains (OEA). Ce retrait – car il s’agit d’un retrait et non d’une expulsion – marque le dénouement d’une crise qui, le 26 avril 2017, avait amené le président Nicolás Maduro à annoncer que la République bolivarienne abandonnait l’organisation continentale – décision ne pouvant entrer en vigueur qu’au terme du délai de deux ans imposé par l’article 143 de ses statuts.

Cette année-là, et alors que les relations s’étaient déjà considérablement tendues, l’OEA, et en particulier son Secrétaire général, l’uruguayen Luis Almagro, avaient ouvertement soutenu les secteurs extrémistes de l’opposition vénézuélienne, responsables d’une vague de violence insurrectionnelle qui provoqua la mort de cent vingt-cinq personnes et fit des centaines de blessés – opposants, mais aussi « indifférents », chavistes et policiers.Depuis, et en vertu d’un scénario écrit dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, l’ingérence de l’OEA, déjà plus que contestable, s’est transformée en agression caractérisée. Sans jamais atteindre le quorum nécessaire pour respecter ses propres règles (les voix de 24 pays sur 34), l’organisation dite « multilatérale » a approuvé le 10 janvier 2019 une résolution niant la légitimité du second mandat de Nicolás Maduro – démocratiquement réélu le 20 juin 2018.

Poussant le viol de la légalité internationale à l’extrême, une « session extraordinaire » convoquée le 24 janvier a depuis vu une minorité de seize pays, parmi lesquels bien entendu les Etats-Unis en « premier de cordée », « reconnaître » le fantoche Juan Guaido – qui s’était autoproclamé la veille – « chef de l’Etat par intérim » du Venezuela.

Source : Pourquoi le Venezuela a expédié un « bras d’honneur » à l’OEA – Mémoire des luttes