Au Venezuela, pêcheurs en eaux noires

La chaleur. La moiteur. Et surtout l’odeur. “Vous ne pouvez pas vous imaginer. On se sent comme dans un four, c’est véritablement l’enfer”, se souvient Rodrigo Abd à propos de son premier séjour sur les rives du lac de Maracaibo, une immense lagune de 13 000 km2 dans le nord-ouest du Venezuela. C’était en mai 2019. Le photographe couvrait alors la crise politique à Caracas. Profitant d’une “légère accalmie”, il s’était rendu dans la ville de Maracaibo (la deuxième agglomération la plus peuplée du pays, avec plus de 2 millions d’habitants) et sa voisine de Cabimas. “Cela faisait longtemps que je voulais venir voir la première région pétrolière du Venezuela. C’est là qu’il y a environ 90 ans, on a découvert certains des plus importants gisements du pays”, explique le photojournaliste.

Mais de bénédiction, l’or noir s’est transformé en fléau. À Cabimas, là où se trouve le gros des infrastructures pétrolières appartenant au groupe public PDVSA, “le lac est noir, complètement noir”. Faute d’entretien, les installations laissent s’échapper des litres de pétrole qui forment une marée noire permanente. “On dirait un Tchernobyl de l’industrie pétrolière.”

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