Le Venezuela au fond des yeux (2) : Carolina Cruz

Thierry DeronneComment vois-tu le visage d’une photographie révolutionnaire dans un pays soumis depuis si longtemps et, aujourd’hui encore, à la culture publicitaire et au marketing politique ?

Carolina Cruz – Il est très complexe de parler de la culture publicitaire. Une des grandes victoires du capitalisme est son hégémonie culturelle, symbolique. Depuis toujours, nous sommes bombardés, ceux d’entre nous qui avons grandi dans les espaces urbains du moins, par le culte publicitaire du « beau », du parfait et du standardisé, on trouve à peine dans la publicité des gens qui ne répondent pas aux paramètres occidentaux de la beauté. Les quelques campagnes publicitaires qui en sortent, comme Femmes réelles de Dove ou United Colors Of Benetton, ne sont en définitive que des variations du modèle sur un mode « détonant » .

Bien entendu, le Venezuela n’a pas échappé à cette globalisation. Cependant, il y a un avant et un après dans la visibilisation du peuple : nous devons cette rupture à la Révolution bolivarienne. Cette image nouvelle ne découle pas bien sûr de la publicité commerciale mais d’une volonté politique de donner un visage à ce peuple qui, pour la droite propriétaire de la majorité des médias de ce pays, n’était qu’une masse amorphe.

Source : Le Venezuela au fond des yeux (2): Carolina Cruz | Venezuela infos