Comment le Venezuela contourne les sanctions américaines sur le pétrole

Le 28 avril 2019, un embargo sur les exportations de pétrole vénézuélien, décidé par le président américain Donald Trump, entre en vigueur : la compagnie d’Etat Petroleo de Venezuela SA (PDVSA) n’a plus le droit d’exporter son pétrole vers le territoire américain, ni de commercer avec une entreprise en relation avec les Etats-Unis. C’est alors que le gouvernement vénézuélien entame des négociations avec des hommes d’affaires mexicains.

En juin 2019, un accord est trouvé entre ces derniers et des proches de Nicolas Maduro. Le contrat comporte de nombreuses zones d’ombre, notamment sur son financement, qui s’élève à 200 millions d’euros. Selon des sources vénézuéliennes contactées par les deux médias à l’origine de la révélation, ces ambiguïtés sont nécessaires pour éviter des sanctions aux intermédiaires : « S’ils [les Etats-Unis] nous permettaient de jouer “fair-play”, les choses seraient différentes », affirment-elles.

Il est prévu qu’une entreprise mexicaine d’import-export, Libre Abordo, livre au Venezuela des produits de première nécessité (eau, blé et maïs), sous prétexte d’apporter une aide humanitaire au Venezuela. De son côté, PDVSA affrète des navires remplis de brut, qui prennent la direction de plusieurs raffineries, principalement situées en Asie. Joaquin Leal, l’un des entrepreneurs ayant négocié avec les autorités vénézuéliennes, revend ensuite le pétrole à travers un vaste réseau de sociétés-écrans, opérant dans une trentaine de pays, dont plusieurs paradis fiscaux comme le Luxembourg ou les îles Vierges britanniques. Au total, 30 millions de barils de pétrole ont pu quitter le territoire vénézuélien par ce moyen détourné.

Source : Comment le Venezuela contourne les sanctions américaines sur le pétrole