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Le président intérimaire et candidat socialiste fait la course en tête dans les sondages pour la présidentielle du 14 avril. Il est décrié par l’opposition qui raille ses origines modestes, et dénonce une prétendue incompétence. Mais il fut en fait, une cheville ouvrière du processus de transformation.

 

Nicolas Maduro est un homme modeste, que rien ne prédestinait à occuper les plus hautes fonctions du Venezuela. Président par intérim de la puissance pétrolière, et candidat du Parti socialiste uni (PSUV) à l’élection présidentielle du 14 avril, ce géant d’un mètre quatre-vingt-dix, se présente comme « un fils de Chavez qui se devait d’être à ses côtés ». Depuis la mort du « Comandante », le 5 mars, il est appelé à succéder à l’instigateur de la révolution bolivarienne que le peuple présente désormais comme le « libertador » du XXIe siècle.

 

Assumer cet héritage n’a rien d’évident après quatorze années de leadership incontestable. Car, non seulement Hugo Chavez a bouleversé la patrie de Bolivar mais il a aussi été l’artisan d’une nouvelle architecture politique continentale. « Nicolas », comme l’interpelle son principal concurrent de droite, Henrique Capriles, dans une volonté délibérée de le rabaisser, assume. Pendant des années, a-t-il rappelé, il a été « un garde du corps » d’Hugo Chavez. Plus qu’un homme de l’ombre, comme on le présente, il fut un proche sincère et dévoué. « Et s’il avait fallu tourner un boulon dans une entreprise, je l’aurais fait », confie-t-il.

 

Sa simplicité est un gage en direction d’un peuple qui a été le garant des succès électoraux enregistrés par le PSUV et la majorité présidentielle. Elle est aussi une posture assumée face aux attaques de la Mesa de la Unidad Democratica (Table de l’unité démocratique, coalition électorale de la droite) et de ses détracteurs en général. L’homme revendique son passé d’ouvrier, et de syndicaliste. « La société doit être bien mal en point pour élire un vulgaire chauffeur comme président », se plaisent à invoquer le leader de la droite avec une dédaigneuse ironie, projetant ainsi une haine de classe, toujours aussi vive.

Qu’à cela ne tienne, « ma main est ferme sur le volant, direction le socialisme », rétorque Maduro. Il faut dire que la campagne électorale offre bien peu de moments de grandeur politique. La confrontation idéologique est aux abonnés absents. Même la moustache fournie du socialiste est sujette à raillerie. C’est dire.

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