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Les mégaphones du centre de Caracas, la capitale du Venezuela, préfèrent diffuser à grand bruit Hugo Chávez chantant l’hymne national, des extraits de ses discours, que ceux du candidat du Parti socialiste unifié (PSUV) et de la révolution bolivarienne: Nicolas Maduro. Le 11 avril, la courte campagne présidentielle s’achève comme elle avait débuté le 2 avril: sous le signe du défunt président qui est demeuré à la tête du pays durant quatorze ans, avant de s’éteindre le 5 mars à la suite d’un cancer. Sous les tentes de plastique rouge, les membres de l’équipe de campagne «Commando Hugo Chávez», distribuent des posters et des tracts. «Depuis mon cœur, Maduro Président», scandent-ils.

Lors de ses meetings à travers les grandes villes du pays, face à des avenues bondées de sympathisants tout de rouge vêtus, la déclaration de Hugo Chávez du 8 décembre dernier est retransmise sur écran géant. L’ancien président envisageait alors ne pouvoir venir à bout de son mandat: «Ma ferme opinion, entière comme la pleine lune, irrévocable, absolue, totale, est que selon ce scénario, qui obligerait à convoquer, comme l’exige la Constitution, de  nouvelles élections présidentielles, vous élirez Nicolas Maduro comme président de la révolution bolivarienne.» «Chávez, je te le jure, mon vote est pour Maduro», voit-on écrit sur les murs de la capitale.
«Pour maintenir un semblant d’unité dans un tel moment, il n’y pas d’autre issue que de canoniser Chávez, de ne pas parler de mort mais de ‘disparition physique’, de ‘continuité’ plutôt que de ‘transition’», analyse Mila Ivanovic, docteure en science politique et membre du Geiven (Groupe d’études interdisciplinaire sur le Venezuela).

Le candidat de l’opposition Henrique Capriles Radonski, à la tête de la coalition hétéroclite de la MUD (Table de l’unité démocratique), a beau jeu d’interpeller le président par intérim en lui lançant: «Tu n’es pas Chávez!» Sa campagne est aussi tournée vers le défunt dirigeant socialiste!
Henrique Capriles attaque son bilan: l’insécurité, l’inflation, les coupures d’électricité et d’eau, les pénuries temporaires de certains aliments… Comme en octobre, il tente de se rapprocher des secteurs populaires en assurant qu’il préservera les missions lancées par l’ex-président. Ce qui lui vaut de la part de Nicolas Maduro des moqueries sur ses origines aisées. Ce dernier le surnomme le burguesito, caprichito («petit bourgeois, capricieux»).

Pour l’instant c’est la stratégie des socialistes qui porte ses fruits. L’ancien chauffeur de bus, est donné gagnant par les sondages avec une avance oscillant entre 7% et 20% selon six instituts. Mais, comme le note le sociologue libertaire Rafael Uzcategui, cela pourrait à terme se retourner contre lui. Il va falloir tenir la comparaison qu’il nourrit lui-même, en particulier en temps de crise ou lors de prises de décisions impopulaires. Ces moments révéleront la solidité et la légitimité de Nicolas Maduro. Elles pourraient refaire émerger des personnalités temporairement en retrait, comme Diosdado Cabello, le président de l’Assemblée nationale, fort de l’appui de l’armée, ou Elias Jaua, ministre des Affaires étrangères, soutenu par l’aile gauche du chavisme. Tous deux sont aussi les «fils de Chávez».

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