La révolution a pris à bras le corps la question universitaire (formation initiale et continue), pour en faire une priorité nationale. Simon Bolívar disait: « un être inculte n’est pas complet ». Le chavisme a d’abord multiplié les « missions » (politique d’urgence, qui tend à devenir une politique tout court) et engagé une démocratisation indéniable de l’enseignement supérieur.
Afin d’optimiser la démocratisation, le gouvernement a ouvert des universités bolivariennes, décentralisées, revendiquant des contenus et un enseignement novateurs. Elles ont fait exploser les inscriptions (augmentation de 300%), et le nombre d’étudiants, de 18 ans à 90 ans, est impressionnant. Pour les « escuálidos » (on appelle ainsi les membres de l’opposition: « les trois fois rien »), Chavez embrigade le pays. La campagne d’alphabétisation en a quasiment fini avec l’analphabétisme. Un premier bilan du fonctionnement de l’UBV (Université Bolivarienne du Venezuela) permet de confirmer la formation d’esprits critiques, une massification irrécusable, mais qui nécessite encore des efforts qualitatifs.
L’apport le plus important de ces révolutions éducatives, culturelles, après avoir longuement discuté avec des collègues, nous paraît être la « déyanquisation » des esprits, la réappropriation d’une histoire, l’estime de soi, la fierté recouvrée pour un ancrage national, pour un processus patriotique. Ici, ce mot n’a aucune connotation négative; le processus est inédit, endogène, et ne ressemble à aucun modèle existant ou ayant existé.
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