Pensée décoloniale au miroir de l’État vénézuélien

La récente tenue au Venezuela de la troisième « École de pensée critique décoloniale » témoigne de l’usage partial du concept et de la complaisance d’une partie des intellectuels.

Le Venezuela est le troisième pays (après le Brésil et la Colombie) d’Amérique du Sud avec la population afro-descendante la plus importante. Selon le recensement national de 2011, 3,6% de la population est noire et/ou afro-descendante. La population indigène, composée de 52 peuples, elle, totalise 724.000 personnes – les Wayuu/Guajiro en forment la majorité –, soit 2,7% de la population, qui vivent majoritairement dans la région amazonienne. Aucun représentant-e des organisations afro-descendantes et indigènes du pays n’a participé à cette École. Pas plus d’ailleurs que des représentants de ces mouvements à l’échelle latino-américaine.

Cette absence ne semble heureusement pas avoir perturbé les intellectuels étrangers présents, occupés qu’ils étaient à débattre de l’anti-impérialisme. Et de célébrer les racines caribéennes, indigènes et africaines de la résistance vénézuélienne… dont une partie des acteurs actuels ont été occultés et ensilencés par cet événement. Les débats dès lors ne pouvaient qu’en être limités et faussés ; réduits au seul clivage États-Unis – Venezuela

Source : Pensée décoloniale au miroir de l’État vénézuélien – Barril.info