ZTE aurait aidé le Venezuela à créer une nouvelle carte d’identité numérique

Si un pays cherche à produire des cartes d’identité numérique pour surveiller ses citoyens, quoi de mieux que la Chine comme conseiller et fournisseur. C’est ce qu’a compris en tout cas le Venezuela qui cherche à mettre en place un système permettant de surveiller le comportement des citoyens grâce à une nouvelle carte d’identité. Rappelons que la Chine travaille activement sur un système du genre, le système de crédit social, visant à mettre en place un système national pour noter ses citoyens. En effet, ce projet consiste à attribuer une note à chaque citoyen, fondée sur les données dont dispose le gouvernement sur les Chinois. Le système repose sur un outil de surveillance de masse et utilise les technologies d’analyse Big Data. Il permet aussi de noter les entreprises opérant sur le marché chinois.

Le Venezuela compte bien aller à l’école de la Chine. En avril 2008, l’ancien président vénézuélien, Hugo Chávez, a envoyé des représentants du ministère de la Justice visiter la Chine. Selon un membre de la délégation du Venezuela, leur mission était d’apprendre le fonctionnement du programme de carte d’identité nationale de la Chine. Chávez voulait de l’aide pour fournir des identifiants numériques aux millions de Vénézuéliens qui n’avaient toujours pas la documentation de base nécessaire pour des tâches telles que le vote ou l’ouverture d’un compte bancaire. Une fois à Shenzhen, les Vénézuéliens ont compris qu’une carte pouvait faire beaucoup plus que simplement identifier le destinataire. C’est au siège de ZTE, l’équipementier chinois, que les missionnaires vénézuéliens ont compris que la Chine développait son système de crédit social qui aiderait Pékin à suivre le comportement social, politique et économique de chaque citoyen chinois.

Dix ans après le voyage à Shenzhen, le Venezuela déploie actuellement un nouvel identifiant de carte à puce appelé « carte paternelle ». Cet identifiant transmet les données des détenteurs de carte à des serveurs informatiques. Et le gouvernement lie de plus en plus cette carte à des programmes subventionnés d’alimentation, de santé et d’autres programmes sociaux sur lesquels la plupart des Vénézuéliens dépendent pour survivre. ZTE est bel et bien au cœur de ce programme vénézuélien. En effet, le Venezuela a engagé l’an dernier ZTE pour créer une base de données sur la patrie et créer un système de paiement mobile à utiliser avec la carte, selon Reuters. Une équipe d’employés de ZTE est maintenant intégrée dans une unité spéciale de Cantv, la société de télécommunications de l’Etat vénézuélien qui gère la base de données. Le pays a dû débourser une somme de 70 millions de dollars pour la cause.

Source : Developpez.com