Photographie : Un émeutier qui brûle ou le Venezuela en feu ?

Une image tout droit sortie de la fournaise de l’enfer. À première vue, la photographie de Ronaldo Schemidt, Prix World Press Photo 2018 actuellement exposé au château de Prangins, évoque l’impact d’un remake de «Mad Max», option guérilla urbaine.

L’instantané n’est pourtant pas issu de la dernière production hollywoodienne postapocalyptique, mais a été saisi le 3 mai 2017 à Caracas, capitale du Venezuela, lors de violentes altercations entre contestataires et forces de l’ordre. La légende qui l’accompagne le plus souvent décrit la scène ainsi: «Un manifestant qui a pris feu lors d’affrontements avec la police antiémeute durant une manifestation contre le président vénézuélien Nicolaás Maduro à Caracas.» Il n’est dès lors pas difficile d’imaginer que, lors de ces émeutes, les cocktails Molotov volaient très bas, ou alors que les policiers avaient troqué les bonnes vieilles matraques contre des lance-flammes…

Les faits ne se présentent pas tout à fait ainsi, et c’est tout à l’honneur de World Press d’avoir attribué le 3e prix Spots d’information à Juan Baretto (voir la photo ci-dessous), collègue de Ronaldo Schemidt également sur les lieux ce jour-là. La comparaison de leurs travaux permet de soulever un cas de figure intéressant de tension entre impact allégorique et précision de l’information.

Source : Photographie: Un émeutier qui brûle ou le Venezuela en feu? – News Culture: Arts visuels – 24heures.ch