Paulo Quintero présente son bracelet violet et traverse le portail, un soldat lui prend le bras et l’aide à pénétrer dans l’enceinte de ce qui est, depuis plusieurs semaines, sa nouvelle maison. Comme 18 000 personnes dans La Guaira, le vieil homme, qui dépasse les 80 ans, a perdu la sienne dans le terrible double séisme qui a frappé l’État côtier, le 24 juin. Il est maintenant logé dans un des 28 lieux adaptés dans l’urgence pour accueillir les réfugiés : l’école primaire Sainte-Edwige a été réquisitionnée, réaménagée et, au passage, rebaptisée « campement transitoire pour les personnes du troisième âge ».

Erika fait partie de l’organisation, elle scanne avec son mobile le QR Code affiché côté rue pour montrer la liste des 78 résidents du centre d’accueil, mis en place moins de quarante-huit heures après le tremblement de terre qui a ravagé la région. « Tout est informatisé ; l’attention portée aux résidents est intégrale – logement, santé, alimentation… – et géré par des membres du ministère des Aînés ainsi que par des membres de l’organisation de quartier. »

Le campement se trouve dans le district de Maiquetia, juste au-dessus de l’aéroport international, mais surtout sur le territoire d’une « commune ». Soit une de ces plus de 4600 circonscriptions territoriales réparties à travers tout le Venezuela, et qui sont à la base du « pouvoir populaire », un des piliers du projet révolutionnaire bolivarien. « Ce sont des espaces d’autogestion participatifs où nous nous organisons, entre voisins, pour décider et exécuter collectivement les projets locaux », expliquent fièrement les déléguées Jenny Hernandez et Kemberly Terceira. Elles ont cédé une grande partie de la « salle de quartier d’autogouvernement communal » à des membres des milices bolivariennes, des volontaires civils venus de tout le pays pour appuyer les forces armées déployées ici depuis la tragédie. « Les premiers jours, c’était le chaos, tout le monde venait de subir un choc terrible et il y avait beaucoup de désorganisation » , se rappellent-elles. Les denrées sont arrivées très rapidement, mais la distribution était faite à la va-vite, certains en ont profité plus que d’autres. Puis les militaires ont commencé à s’appuyer sur notre organisation, et tout s’est fluidifié.»

Source : Face au séisme, l’alliance vitale entre autogouvernements communards et gouvernement bolivarien (L’Huma, CODEPINK) | Blog Venezuelainfos


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