Au Venezuela, lorsque nous nous rappelons la répression de la Commune de Paris — cette « semaine sanglante » de mai 1871 —, nous ne le faisons pas comme quelqu’un qui écoute un écho lointain ou qui récite une leçon d’histoire poussiéreuse, mais parce que sa signification continue de nous interpeller.

Cet héritage — celui d’un pouvoir qui naît des territoires et s’élève pour devenir une institution au service des communautés — est celui qui, aujourd’hui, se construit au Venezuela de manière plus profonde et systématique. L’expérience vénézuélienne des deux dernières décennies a démontré que la commune n’est ni une nostalgie du passé ni une copie de modèles étrangers, mais une nécessité politique du présent. Lorsque le peuple vénézuélien, à travers le pouvoir constituant de 1999, a décidé de refonder la République, il ne le fit pas pour changer le nom des institutions, mais pour transformer la base même du pouvoir, et ainsi modifier l’horizon de sens de ce que signifie le pouvoir, la démocratie et l’État.

Ce processus n’a pas été linéaire ni exempt de contradictions, mais ses fruits sont tangibles. La Loi organique des communes, le Plan des 7 Transformations (7T) — discuté dans des dizaines de milliers d’assemblées populaires — et les successives Consultations populaires nationales ont donné corps à ce que le commandant Hugo Chávez a appelé l’État communal. En quoi consiste-t-il ? En une nouvelle architecture du pouvoir où la souveraineté ne réside ni dans un parlement lointain ni dans un exécutif central, mais dans la capacité des communautés organisées à s’autogouverner, à décider de leurs ressources, de leur territoire, de leur économie, de leur vie quotidienne.

Source : La Commune est la base de tout État | Blog Venezuelainfos


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