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Les mains musclées, le regard las, les ouvriers de Sidor entament leur sixième semaine de grève de l’année. « Ce n’est pas nous qui ruinons l’entreprise, ce sontses administrateurs », affirme Cruz Hernandez, délégué départemental du Syndicat unique des travailleurs de l’industrie sidérurgie et similaires (Sutiss). Autrefois fleuron de l’industrie lourde vénézuélienne, l’entreprise sidérurgique périclite doucement, à en croire les grévistes.

La cause des travailleurs de Sidor inspire aujourd’hui peu de sympathie. Le président Nicolas Maduro a accusé les membres du Sutiss de conspirer contre son gouvernement socialiste, avant de les traiter d’« anarcho-syndicalistes populistes » et de « parasites ». Le coup est rude pour la vieille garde du syndicalisme ouvrier. « L’incurie de l’Etat et la voracité des travailleurs sont responsables du délabrement de Sidor », entend-on dire dans les rangs de l’opposition. Les employés de Sidor jouissent de privilèges jugés exorbitants par leurs compatriotes.

A Sidor comme dans le reste du pays, le mouvement ouvrier affiche de profondes divisions. « Le pouvoir chaviste n’a pas réussi à prendre le contrôle des syndicats comme il l’aurait voulu, explique l’avocat Marino Alvarado. Mais, ce faisant, il les a doublés et affaiblis. » Des syndicats « bolivariens » ont été créés à côté des syndicats récalcitrants. Les fractures se superposent. Entre chavistes inconditionnels du pouvoir en place et syndicalistes soucieux de défendrel’indépendance de la lutte. Entre la base et la direction de Sutiss, soupçonnée d’accointance avec le pouvoir, voire de corruption. Entre les vieux de la vieille du fer et de l’acier et les travailleurs précaires récemment embauchés. Mais, fort de sa longue existence, Sutiss jouit d’une légitimité certaine auprès de tous.

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