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Après 14 ans de règne d’Hugo Chavez, le Venezuela se prépare à une nouvelle bataille électorale où l’héritier politique du défunt « Comandante », le président par intérim Nicolas Maduro, se présentera en position de force face à une opposition contestant sa légitimité.

 

Les élections présidentielles auront « le plus probablement lieu le 14 avril », a déclaré samedi à l’AFP une source anonyme du Conseil électoral national (CNE).

 

Les membres du CNE doivent se réunir vers 15H30 GMT pour « fixer la date des élections et le calendrier électoral » dans ce pays pétrolier de 29 millions d’habitants fortement divisé après 14 ans de pouvoir chaviste.

 

La presse vénézuélienne évoquait également samedi la date du 14 avril. Selon le quotidien El Universal, « les dépôts de candidatures pourraient commencer dès demain » dimanche.

 

Dès vendredi soir, quelques heures à peine après les funérailles nationales en grande pompe d’Hugo Chavez, Nicolas Maduro a prêté serment en tant que président par intérim lors d’une session spéciale à l’Assemblée nationale boycottée par la majeure partie de l’opposition.

 

Cet ancien conducteur d’autobus, âgé de 50 ans, lieutenant de la première heure de Chavez ayant exercé les fonctions de président de l’Assemblée nationale (2005-2006), de ministre des Affaires étrangères (2006-2012) et de vice-président depuis l’automne 2012, sera le candidat du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) au pouvoir.

 

La Constitution vénézuélienne stipule qu’en cas d’empêchement définitif du président, une élection doit être convoquée dans un délai de 30 jours.

 

M. Chavez est décédé le 5 mars à Caracas d’un cancer. Il avait pris soin de désigner en décembre M. Maduro comme son successeur en cas de malheur.

Le charismatique chef de file de la gauche radicale latino-américaine avait été réélu le 7 octobre pour un nouveau mandant de six ans avec environ 55% des voix face au gouverneur Henrique Capriles (44%). Mais, de plus en plus gravement malade, il n’avait pas été en mesure de prêter serment début janvier.

 

La coalition d’opposition réunie derrière la candidature de M. Capriles en octobre n’a pas encore fait connaître son choix concernant son candidat. Mais il est probable que le jeune gouverneur de l’Etat de Miranda (40 ans) s’engagera à nouveau dans la compétition.

 

Vendredi, M. Capriles a déclaré que l’opposition annoncerait dans les « prochaines heures ses décisions ».

 

Mais il a surtout vivement dénoncé l’intronisation de M. Maduro comme président par intérim et sa future candidature, une « fraude constitutionnelle », selon lui.

 

M. Capriles estime que Maduro devrait diriger le pays jusqu’aux élections en tant que « vice-président chargé de la présidence » et non en tant que « président par intérim ». Et que, s’il voulait être candidat à la présidentielle, il devrait renoncer à ses fonctions.

 

M. Capriles a également vigoureusement mis en cause l’indépendance du Tribunal suprême de justice, qui a validé vendredi la constitutionnalité de la prise de fonction de Maduro et sa future candidature.

 

Le régime chaviste conteste de son côté cette interprétation de l’article 233 de la Constitution qui prévoit qu’en cas d’incapacité absolue du président pendant les quatre premières années de son mandat (sur un total de six, ndlr), « le vice-président sera chargé de la présidence de la République ».

 

M. Maduro a juré vendredi qu’il respecterait scrupuleusement la Constitution, avertissant l’opposition qu’elle commettrait « une grave erreur » si elle boycottait les élections, comme elle l’avait fait à l’occasion des législatives de 2006.

 

En toile de fond de cette querelle sur l’interprétation de la Constitution se joue une bataille symbolique où la figure tutélaire d’un Chavez bientôt embaumé pour l’éternité est omniprésente.

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