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À l’heure où la santé d’Hugo Chávez pose question, dans la mesure où elle soulève le problème de sa capacité à occuper la fonction présidentielle, cette « rampe de lancement » que constituent les élections régionales revêt, plus que jamais, une importance majeure, car celles-ci pourraient prendre la forme d’un plébiscite pour les éventuels aspirants à la présidence de la République.
Outre cet aspect, le scrutin de ce dimanche est, pour les Vénézuéliens, l’occasion de se prononcer sur la gestion publique « chaviste » à l’échelon régional. En effet, en 2008, date des dernières élections régionales, le Parti Socialiste Uni du Venezuela (PSUV), allié à d’autres formations politiques[3], s’est imposé dans 18 États fédéraux sur 23. Cette hégémonie est, du reste, manifeste depuis 2000[4]. Aussi, si le 7 octobre dernier Hugo Chávez a été réélu relativement facilement pour un quatrième mandat, malgré les problèmes d’ordre économique et social qui ternissent le bilan gouvernemental[5], nombre de Vénézuéliens ne semblent pas disposés à autant de indulgence à l’endroit des dirigeants régionaux « chavistes ». Ces derniers risquent effectivement d’être sanctionnés notamment à cause des problèmes de délinquance, de corruption et d’approvisionnement en électricité et en eau qui préoccupent fortement les Vénézuéliens[6]. L’équation est peu ou prou de même nature pour les partis d’opposition regroupés au sein de la Mesa de Unidad Democrática (MUD)[7]. Déjà à la tête de cinq régions clefs[8], tant du point de vue démographique, qu’économique, la politique qu’ils mettent en place dans ces « petits laboratoires » est présentée comme un contre-modèle par rapport à celui instauré dans les États contrôlés par la majorité présidentielle. La perte de ces entités équivaudrait donc à un désaveu de l’électorat pour l’opposition et le projet alternatif dont elle se veut porteuse. En somme, quel que soit le camp, eu égard à la forte polarité qui caractérise la vie politique vénézuélienne depuis 1998, tous deux ont fort à perdre lors de ces élections.
Au-delà des points déjà évoqués, l’intérêt majeur de ces élections réside dans le nombre de voix que chaque partie va récolter. En effet, globalement, depuis 2007, date du référendum sur la réforme de la Constitution, les votes en faveur de l’opposition n’ont cessé de croître. Cela est d’autant plus vrai que, parallèlement, le nombre d’électeurs inscrits au registre électoral a également augmenté de façon significative[9]. En revanche, à partir de 2006, nous assistons à un tassement du vote en faveur du pouvoir en place. Ainsi, même si nous conviendrons que les enjeux électoraux diffèrent selon les scrutins, il sera intéressant de voir si l’opposition continue de progresser en termes de voix et, par conséquent, si elle peut espérer, un jour, mettre un terme à l’hégémonie « chaviste ». Attendu l’état de santé précaire d’Hugo Chávez, ce cas de figure semble effectivement envisageable car il n’est pas certain que le « chavisme » puisse survivre sans son leader historique.
Rédigé par Olivier Folz, Université de Lorraine
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