Prière d’ôter ses lunettes. Les lunettes du politiquement correct, les lunettes du bipartisme bien policé d’un monde occidental si volontiers donneur de leçons de démocratie à la terre entière. Dans l’urne, une voix est une voix. Un électeur vénézuélien vaut un électeur italien, allemand ou français. Hugo Chavez a été confortablement réélu, pour la troisième fois, à la présidence du Vénézuela. Et que l’on sache, aucune instance n’a décelé de fraudes massives.
Non seulement son adversaire, Henrique Capriles Radonski, n’a pas contesté le résultat, mais encore a-t-il félicité son vainqueur. Hugo Chavez, le parachutiste révolutionnaire, est un président légitime. Ce qui va mieux en le disant car, vu de la vieille Europe, cela ne va pas de soi. En treize ans de présidence, il aura fait reculer la pauvreté (66% de la population quand il est arrivé au pouvoir), amélioré l’accès aux soins et à l’éducation pour tous, quasiment éradiqué, selon l’Unesco, l’analphabétisme. Il y a des bilans moins sociaux.
Ce constat posé, Hugo Chavez n’en devient pas pour autant la référence socialo-révolutionnaire absolue qui plaît tant à Jean-Luc Mélenchon. Les leaders du parti de gauche, qui étaient pendus au résultat de l’élection dans la nuit de dimanche à lundi, ont même entonné le «nous avons gagné». C’est beau comme un poing levé un soir de mai 1968. Mais un peu court. Le phénomène Chavez n’est pas reproductible. Ou sous des conditions très particulières. En effet, il ne repose pas d’abord sur une idéologie, mais avant tout sur une manne pétrolière qui permet toutes les générosités, fussent-elles employées au meilleur usage.
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