Un jeune couple s’étreignant en un éclair, la caméra s’éloignant au bout de quelques secondes pour nous montrer que la guitare n’est pas « off » mais grattée à deux mètres par un témoin inspiré qui se met lui aussi à faire l’amour à sa partenaire… C’est dans ce cinéma vide, en ruines, que naît l’anti-novela-bourgeoise, loin des murs de carton aveugle d’une classe moyenne croyant au bonheur d’être seule au monde. Le cinéaste vénézuélien Chalbaud sait que la raison humaine se retrouve dans la disparition des cloisons, dans les persiennes traversée par des yeux, des bras, des mains qui se cherchent et se touchent, toujours prêts à aller plus loin. De main en main, il noue la famille et ses rôles, mère protectrice, jeune fille enceinte, hommes violents ou simples reproducteurs, devin chauve lecteur de cartes, chiens assis à table pour dévorer patiemment un gigot, avec pour témoin le perroquet amazonien perché sur l’épaule. Tous ne prennent que ce qui est nécessaire à la vie, à ce qui doit survivre envers et contre tout, s’appuyant sur les béquilles de la magie afro-indigène-européenne, fuyant le présent étouffant, vers l’horizon humain. Avec les réserves infinies de patience de ceux qui scrutent le pouvoir depuis ses frontières, et ont appris à le déchiffrer pour qu’un jour…
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