Selon Stephens, le Venezuela justifie une intervention contre les criminels dans un État défaillant. Maduro est corrompu, la menace est réelle, et les mesures prises par Trump ne sont pas les premiers coups de feu d’une guerre, mais l’application nécessaire d’une puissance modérée. C’est un argument que les Américains ont déjà entendu. Et il est aussi familier que le matériel militaire qui se dirige actuellement vers Caracas.Tout ce qui est ancien redevient nouveau.
Les échos de l’Irak sont partout : la certitude morale, l’insistance sur une mission restreinte, les lois étirées pour s’adapter à la force, la classe journalistique poussant les lecteurs vers l’idée d’une escalade. Le Times s’appuie sur cette posture : la confiance intellectuelle que si un dictateur est suffisamment cruel, si son pays est suffisamment chaotique, alors la puissance de feu américaine est non seulement justifiée, mais prudente et même morale.Mais prenons un peu de recul. Il n’y a rien de modeste dans le fait qu’un groupe aéronaval, comprenant le plus grand navire de guerre au monde, se mette en position près d’un pays que les États-Unis ont passé des années à sanctionner, à isoler et à tenter de renverser politiquement.
Il n’y a rien de modeste dans le fait d’intégrer le « narco-terrorisme » dans le discours politique, une étiquette qui permet commodément de contourner l’autorisation du Congrès. Et il n’y a rien de rassurant à ce que le président déclare aux journalistes qu’il est ouvert au « dialogue », tout en laissant entendre qu’il ripostera si Maduro ne cède pas.Il ne s’agit pas d’une application de la loi. Il s’agit d’une politique coercitive soutenue par la puissance militaire. Et lorsque la presse répète sans critique le discours de l’administration, l’escalade devient plus facile à accepter.
Source : » La guerre au Venezuela, mise en avant par les mêmes qui nous ont menti sur l’Irak
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