De Noriega au Panama en 1989 à Maduro aujourd’hui, le scénario est le même : un président diabolisé, le narcotrafic érigé en justification morale, l’armée américaine en arbitre final. Mais Donald Trump va plus loin. Il adresse au monde un triple message. Militaire d’abord : les États-Unis restent capables de projeter leur puissance en quelques heures. Politique ensuite : l’Amérique demeure son pré carré, du Groenland (territoire danois qu’il vise aussi) à la Terre de Feu. Économique enfin, et sans doute le plus décisif : l’accès aux ressources énergétiques. « Forez ! Forez ! Forez ! » martelait Trump en revenant au pouvoir. Le Venezuela, avec ses réserves colossales de pétrole et de gaz, s’inscrit pleinement dans cette stratégie d’« energy dominance ».
Le risque est immense. En légitimant ce coup de force, Washington ouvre une boîte de Pandore : Pékin pourrait s’en prévaloir à Taïwan, Moscou dans les pays Baltes, Tel-Aviv face à Téhéran. Un nouvel ordre mondial s’esquisse, cynique et brutal. Bismarck disait que « la force prime le droit ». En 2026, cet écho résonne sinistrement. Puisse la diplomatie reprendre la parole et rappeler, avec Blaise Pascal, que « la force sans la justice est tyrannique ».
Source : Le monde selon Donald Trump. L’édito de Bruno Jeudy
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