Depuis les Lettres Persanes, l’usage de pays lointains pour régler des comptes franco-français est devenu une tradition. Le passage du politique sous commande médiatique a creusé l’abîme entre le réel et son image. C’est le cas du texte cosigné par le Parti Socialiste, le NPA (« trotskiste ») et autres mouvements de « gauche » pour dénoncer la « répression au Venezuela ».

Ce texte (qui n’a été signé ni par la France Insoumise ni par le Parti Communiste Français) procède d’une inversion accusatoire devenue classique en ce qui concerne la nation caraïbe. Face à l’énième tentative de coup d’État d’une extrême droite formée, armée et financée à la fois par les États-Unis, le paramilitarisme colombien et Israël, la démocratie vénézuélienne n’a pourtant fait que ce qu’on fait les gouvernements des États-Unis, de Bolivie, du Brésil ou du Royaume-Uni : appliquer la loi, en arrêtant les auteurs de violences.

Le fait que des partis français reprennent l’argumentaire et l’imaginaire des grands médias, de Washington ou d’ONGs sous influence, révèle leur coupure du monde mais aussi leur isolement. Il suffit de comparer avec la « lettre à Lula sur le Venezuela » que viennent de cosigner les principaux mouvements sociaux brésiliens (féministes, syndicalistes, afrodescendants, mouvement de jeunesse ou des Sans Terre). Une position partagée par le Groupe de Puebla et le Forum de São Paulo qui regroupent la quasi totalité des partis de gauche en Amérique Latine, parfaitement conscients du devoir de défendre la démocratie vénézuélienne face aux coups d’État de l’extrême droite.

Source : Venezuela : gauches du Sud contre « gauche » française. | Venezuela Infos


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