Le Venezuela contre les jeux vidéos. Histoire d’un malentendu

Depuis près d’une décennie, au Venezuela, vous pouvez finir en prison pour avoir créé un jeu. En 2009, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la Loi sur l’interdiction des jeux vidéo et jouets de guerre qui criminalise la création, la commercialisation, la distribution et l’utilisation des jeux vidéo violents. Cette loi avait pour but de montrer la fermeté d’un gouvernement qui n’autorisait aucune violence à l’écran. Quand elle a été promulguée, la Garde nationale a détruit, lors d’une mise en scène publique, des milliers de jeux vidéo avec un rouleau compresseur.

Cependant, en raison de la conjoncture politique, la loi n’a servi qu’à démanteler une industrie locale en pleine croissance, à transformer la création de jeux en une affaire politique et risquée, et à amener les développeurs à devenir des activistes ou à s’exiler.

Source : Le Venezuela contre les jeux vidéos. Histoire d’un malentendu – Barril.info

Au Venezuela, la poésie pour résister à la crise

Entre les messages politiques et les appels à l’aide pour trouver des médicaments, les comptes Twitter du Venezuela laissent place à des rimes et des alexandrins, une forme de résistance aux rigueurs de la crise.

Dans un pays rongé par les pénuries et la violence, les amoureux de la poésie la défendent dans ses moindres recoins. Une bibliothèque spécialisée, un prix de la jeune poésie, des ateliers d’écriture et de traduction et même un compte Twitter, dont les administrateurs se retrouvent dans les trois petits bureaux de la fondation « La Poeteca », à Caracas.

Source : Au Venezuela, la poésie pour résister à la crise

De fête et de fureur: au Venezuela, un groupe de ska entretient sa rage

A 14 ans, Horacio Blanco, a écrit une chanson qui dénonçait les « Politicos Paraliticos. » A 50, le public continue de lui réclamer le morceau, devenu un hymne de ralliement protestataire au Venezuela.

Inspiré par des groupes britanniques comme The Specials, un zeste de « fête et de fureur » locales en plus, selon son concepteur, Blanco et son groupe « Desorden Publico » (désordre public) sont les figures de la scène punk-ska vénézuélienne.

Toujours vêtu à la mode ska, veste et pantalon étroit noirs, les cheveux en houppette, il est sans doute le dernier grand nom de la scène rock locale à ne pas avoir déserté le pays, miné par la crise économique et politique.

« Je voudrais que les politiciens soient réellement des paralytiques », chantait-il ado. « Comme ça ils ne pourraient pas nous voler et s’enfuir en courant ».

Aujourd’hui, assure-t-il, « c’est l’une des chansons que le public réclame le plus souvent en concerts » avec un autre de leurs succès, « Le biberon de pétrole » – qui dénonce la dépendance fatale du Venezuela aux pétrodollars, l’une des causes du naufrage actuel.

Pour Desorden Publico, le ska a servi à dénoncer la corruption et l’abus de pouvoir. « Desorden est un petit échantillon de l’idiosyncrasie vénézuélienne », souligne Blanco.

« Nous sommes un pays de fiestas », reprend-il. « Ce qui ne veut pas dire que nous ignorons les pires difficultés auxquelles nous sommes confrontés. C’est même de là que vient cette rage ».

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Gustavo Dudamel s’exprime aux Oscars sur le sort du Venezuela

Gustavo Dudamel était invité à parler de façon informelle sur le tapis rouge de la cérémonie des Oscars, le 25 février. Le chef vénézuélien était à la tête de son orchestre, le Los Angeles Philharmonic, pour mettre en musique la séquence In Memoriam pendant la cérémonie.

Il était invité par les reporters à s’exprimer sur le sujet du Venezuela. Gustavo Dudamel, icône de son pays, enfant d’El Sistema, entretient une relation compliquée avec la politique vénézuélienne. Il lui a été reproché de s’être trop longtemps accommodé du régime chaviste, mais c’est lorsque Nicolas Maduro annule sa tournée en 2017 pour avoir tenu des propos critiques vis-à-vis du gouvernement que Gustavo Dudamel officialise son désaccord avec le régime.

Le chef d’orchestre a ainsi déclaré lors de la cérémonie : « Mon pays traverse une terrible crise, et nous devons en sortir au plus vite. J’en ai assez, tellement assez, de l’indifférence et de l’insolence. La majorité du pays veut du changement. Et ce changement doit nous être permis. Je le dis à mes frères du Venezuela : nous y sommes bientôt, je vois la lumière au bout du tunnel. Avec un peu de foi et de conviction, nous serons libres. »

Source : Gustavo Dudamel s’exprime aux Oscars sur le sort du Venezuela

Venezuela: découverte d’une nouvelle espèce de crapaud miniature

Des chercheurs ont découvert au Venezuela une nouvelle espèce endémique de crapaud miniature, confirmant que le pays possède l’une des plus riche diversité de batraciens au monde.

Ce crapaud, qui mesure au maximum 2,5 centimètres, vit dans des bois de la montagne Aroa (Etat de Yaracuy) dans le nord du pays.Il a été baptisé Mannophryne molinai, en hommage à César Molina (1960-2015), un herpétologique vénézuélien.

Source : Venezuela: découverte d’une nouvelle espèce de crapaud miniature – Sciences et Avenir

Pensée décoloniale au miroir de l’État vénézuélien

La récente tenue au Venezuela de la troisième « École de pensée critique décoloniale » témoigne de l’usage partial du concept et de la complaisance d’une partie des intellectuels.

Le Venezuela est le troisième pays (après le Brésil et la Colombie) d’Amérique du Sud avec la population afro-descendante la plus importante. Selon le recensement national de 2011, 3,6% de la population est noire et/ou afro-descendante. La population indigène, composée de 52 peuples, elle, totalise 724.000 personnes – les Wayuu/Guajiro en forment la majorité –, soit 2,7% de la population, qui vivent majoritairement dans la région amazonienne. Aucun représentant-e des organisations afro-descendantes et indigènes du pays n’a participé à cette École. Pas plus d’ailleurs que des représentants de ces mouvements à l’échelle latino-américaine.

Cette absence ne semble heureusement pas avoir perturbé les intellectuels étrangers présents, occupés qu’ils étaient à débattre de l’anti-impérialisme. Et de célébrer les racines caribéennes, indigènes et africaines de la résistance vénézuélienne… dont une partie des acteurs actuels ont été occultés et ensilencés par cet événement. Les débats dès lors ne pouvaient qu’en être limités et faussés ; réduits au seul clivage États-Unis – Venezuela

Source : Pensée décoloniale au miroir de l’État vénézuélien – Barril.info